Œuvres de Richter et de Tchaïkovski
Que ce soit en jouant sur le Mont Blanc ou sur la scène d’un concert, Gautier Capuçon ne recule devant aucun risque. Son dernier coup d’éclat : la création du concerto pour violoncelle de Max Richter, l’un des plus grands compositeurs de musiques de film de notre époque (notamment « Hamnet » en 2026). Juste après la première parisienne, Capuçon présentera cette œuvre en Suisse. La deuxième partie sera consacrée à la 5e Symphonie de Tchaïkovski, la « Symphonie du destin », reflet musical d’une époque secouée par la crise, une lutte entre le pressentiment de la mort et la soif de vivre. Auditeurs et auditrices courageux, en avant !
Héritier de la Société des Concerts du Conservatoire, l'Orchestre de Paris a donné son concert inaugural en 1967 sous Charles Munch. Après d’éminents successeurs (dont Barenboim, Järvi et Harding), Klaus Mäkelä a été nommé à la tête de l’ensemble en 2021. Esa-Pekka Salonen lui succède en 2027. L’ensemble est devenu résident principal de la Philharmonie de Paris lors de son ouverture en 2015, puis orchestre permanent dès 2019. Il est désormais au cœur du projet artistique et pédagogique de la Philharmonie. Tout en défendant la tradition musicale française des XIXe et XXe siècles, la phalange soutient la création contemporaine à travers l’accueil de compositeurs en résidence. Régulièrement en tournée sur les scènes internationales, l’Orchestre de Paris était l’invité du Lucerne Festival en 2025 pour créer le Concerto pour cor de Salonen.
Andrés Orozco-Estrada, directeur musical général de la ville de Cologne et chef d'orchestre du Gürzenich, allie une profonde compréhension de la musique et une technique précise à une joie débordante pour la musique. Né à Medellín (Colombie), Orozco-Estrada a commencé sa formation musicale au violon. À l'âge de 15 ans, il a suivi ses premiers cours de direction d'orchestre et, en 1997, il est parti étudier auprès d'Uroš Lajovic à l'Université de musique et des arts du spectacle de Vienne. Orozco-Estrada est chef d'orchestre principal de l'Orchestra Sinfonica Nazionale della Rai et le sera, à partir de la saison 2026/27, de l'Orchestre symphonique de la Radio suédoise. Auparavant, il a été chef d'orchestre principal, entre autres, de l'Orchestre symphonique de Houston et de l'Orchestre symphonique de la Radio de Franconie (hr-Sinfonieorchester). Il s’est produit dans des opéras prestigieux tels que l’Opéra national de Vienne, l’Opéra national Unter den Linden, le Semperoper de Dresde et la Scala de Milan, et a collaboré avec des orchestres tels que les Orchestres philharmoniques de Berlin et de Vienne, le London Philharmonic Orchestra, le New York Philharmonic, le Boston Symphony Orchestra, ainsi qu’en Asie avec le NHK Symphony Orchestra et le Hong Kong Philharmonic Orchestra.
Gautier Capuçon est l’un des plus éminents ambassadeurs du violoncelle sur la scène mondiale. Formé au Conservatoire National Supérieur de Paris, puis à Vienne auprès de Heinrich Schiff, il est lauréat de plusieurs concours et se produit comme soliste avec les plus grands orchestres de la scène internationale. Il est également passionné de musique de chambre, qu’il pratique avec des partenaires de premier ordre, dont son frère violoniste Renaud, qu’il a retrouvé en 2025 au Festival de Verbier et aux Rencontres Musicales Évian. Le musicien savoyard contribue en outre à la relève musicale par le biais de la « Classe d’Excellence » qu’il dirige à Paris et de la fondation qu’il a créée. Son souci d’élargir le répertoire du violoncelle le conduit à interpréter chaque saison un éventail de créations, alors que sa vaste discographie a été maintes fois primée.
Figure majeure de la scène contemporaine, le compositeur germano-britannique Max Richter brouille les frontières à la croisée de la musique classique, de l’électronique et du post-minimalisme. Connu du grand public pour ses bandes-son de nombreux films, il a été récemment acclamé pour la musique du film Hamnet de Chloé Zhao. Ses nombreux albums reflètent le style atmosphérique et profondément émotionnel d’un musicien qui interroge constamment les grandes questions existentielles et considère la musique «comme un moyen de créer une sorte de réalité alternative». Son Concerto pour violoncelle sera créé à Paris juste avant d’être révélé au public suisse lors de cette tournée avec Gautier Capuçon. Le violoncelliste français est déjà familier avec la musique de Richter, puisqu’il a enregistré un clip vidéo où il joue Sequence for Gaïa dans un spectaculaire décor alpin.
Les trois dernières symphonies de Tchaïkovski se profilent comme des mises en scène du monde intérieur d’un musicien très tourmenté. Dénominateur commun: l’obsession du destin. Le deuxième volet de ce triptyque, composé en 1888, traduit les doutes du musicien, notamment la lutte avec sa propre identité et la peur du jugement social. Le compositeur y développe une idée fixe: un motif sombre et triste – tenant à la fois de la marche et du choral – qui hante les quatre mouvements. Ce thème cyclique traverse l’angoisse du premier mouvement, trouve une consolation mélancolique dans le célèbre solo de cor du deuxième, puis s’étourdit dans une valse nostalgique. Tout converge vers un Finale où le thème initial, d’abord mineur et tragique, est finalement transfiguré en une marche triomphale majeure. Créée à Saint-Pétersbourg sous la direction de l’auteur, cette symphonie impose la vision d’un homme confronté à sa propre finitude, transformant l’impuissance spirituelle en une victoire sonore éclatante, voire excessivement dramatique.