Interprètes

Soliste

13 déc. '18

Concert III
13 déc. '18

Owen Willetts

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 13 décembre 2018 | Victoria Hall Genève | 20:00

Interprètes

Programme

Au cours des trois dernières années de sa vie, Mozart a orchestré quatre oeuvres vocales de Georg Friedrich Haendel: le masque Acis et Galatea (K. 566, 1788), le Messie (K. 572, 1789) et deux odes (cantates profanes), La Fête d’Alexandre (K. 591) et l’Ode pour la Sainte Cécile (K. 592), dont les arrangements datent de l’été 1790. Le compositeur salzbourgeois a réalisé tous ces travaux à la demande du baron Gottfried van Swieten, préfet de la Librairie Impériale et grand amateur de musique que Mozart a rencontré peu après son arrivée à Vienne en 1781. Van Swieten cultivait une passion pour la musique baroque qu’il avait appris à connaître au gré de ses voyages à travers l’Europe. Ce n’est qu’après sa rencontre avec cet ancien diplomate que Mozart s’est rendu compte de toute la valeur de la musique de ses prédécesseurs. Il s’est dès lors lancé dans une étude assidue de l’écriture fuguée, dont il a fait usage dans ses propres oeuvres (notamment la Messe en ut mineur). Non content d’être un grand collectionneur de musique baroque, van Swieten a aussi réuni un cercle d’aristocrates viennois pour financer des concerts privés dédiés aux oeuvres du passé. Ces soirées musicales avaient lieu au domicile du baron durant les périodes de Carême et de Noël et ont culminé avec les premières auditions de deux oratorios de Haydn, La Création (1798) et Les Saisons (1801). Les mandats confiés par van Swieten à Mozart consistaient à étoffer l’orchestration – trop peu fournie aux oreilles des mélomanes de la fin du XVIIIe siècle – des oeuvres de Haendel. Le compositeur a donc ajouté des flûtes, des clarinettes et des cors à l’effectif orchestral pour parer cette Ode pour la Sainte Cécile d’un éclat tout viennois. Il a aussi réécrit l’air final pour voix de basse. Il n’y a aucune preuve que cet arrangement ait été entendu du vivant de Mozart, mais il a joui d’une grande popularité au début du XIXe siècle, ainsi qu’en témoignent de nombreuses copies de l’oeuvre.
Mozart a beau avoir écrit quinze messes, des vêpres, des litanies et autres motets au cours de ses années salzbourgeoises, il ne plaçait pas la musique sacrée au coeur de ses préoccupations pour autant. Sitôt établi à Vienne, il a investi toute son énergie dans les oeuvres symphoniques et concertantes, la musique de chambre et bien sûr l’opéra. En janvier 1783, il a toutefois annoncé à son père avoir «la partition d’une messe à moitié composée qui attend d’être portée à son terme», qu’il aurait fait serment de composer si le premier accouchement de sa femme se passait bien. Au mois d’octobre de cette même année, le compositeur s’est enfin rendu à Salzbourg pour la première fois avec sa femme Constance. Mozart n’avait toujours pas achevé sa Messe en ut mineur – auquel il manquait encore la fin du Credo et l’Agnus Dei dans son entier – mais a quand même fait jouer l’ouvrage le 26 octobre 1783 à l’Eglise St-Pierre. Il est probable que la messe inachevée ait été complétée pour l’occasion avec des emprunts à des messes antérieures de Mozart. Le compositeur a confié à son épouse les solos de soprano, qui prennent des allures d’airs lyriques dans le Christe eleison, le Laudamus te et le Et incarnatus est. Mozart enrichit cette messe des enseignements de la musique baroque appris dans les oeuvres que le baron van Swieten lui a fait connaître à Vienne. Le Cum sancto spiritu et le Hosanna font notamment valoir des fugues magistrales. Après la première audition salzbourgeoise, Mozart n’a jamais cherché à compléter cette messe et n’est guère revenu à la musique sacrée jusqu’à son ultime composition, le Requiem en ré mineur (resté lui aussi inachevé). En 1785, il a cependant repris la musique du Kyrie et du Gloria (sur un texte en italien) et y a ajouté deux nouveaux airs pour produire la cantate Davidde penitente en réponse à une commande de la Société des compositeurs viennois.

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Biographie

Le contre-ténor britannique Owen Willetts se produit dans le monde entier comme soliste dans le répertoire de concert et collabore avec les artistes les plus renommés en matière d’interprétation historiquement informée tels que Laurence Cummings, Christian Curnyn, Emmanuelle Haïm, Marc Minkowski, Martin Pearlman, Howard Arman et Raphael Pichon. Owen Willetts apparaît aussi régulièrement sur les scènes lyriques. Il a ainsi chanté les rôles de Narciso dans Agrippina au Göttingen Handel Festival avec le Brisbane Baroque Orchestra, Farinelli dans Farinelli and the King au Duke of York Theatre dans le Westend londonien, Ottone dans L’Incoronazione di Poppea au Royal Academy Opera et le rôle-titre dans Giulio Cesare de Haendel à l'Opéra National Finlandais. Il a fait ses débuts américains comme Orfeo dans Orfeo ed Euridice de Gluck et Arsace dans Partenope de Haendel avec le Boston Baroque Orchestra sous la direction de Martin Pearlman.

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