Interprètes

Soliste

8 - 9 avr. '19

Tournée V
8 - 9 avr. '19

Leonidas Kavakos

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 08 avril 2019 | Victoria Hall Genève | 20:00
  • 09 avril 2019 | Tonhalle Maag Zurich | 19:30

Interprètes

Programme Genève

Au mois de décembre 1774, Mozart s’est rendu à Munich pour préparer les représentations de son nouvel opéra bouffe, La Finta Giardiniera. L’ouvrage y a recueilli un franc succès mais le compositeur n’a pas reçu de promesse d’engagement pour autant, ni de nouvelle commande. Il lui a donc fallu rentrer à Salzbourg pour retrouver son emploi chez le prince-archevêque Colloredo-Mannsfeld. C’est au retour de ce séjour bavarois que Mozart a écrit presque d’une traite, entre avril et décembre 1775, ses cinq concertos pour violon et orchestre. Entre autres fonctions officielles à la cour salzbourgeoise, le jeune musicien devait aussi jouer du violon, chose qu’il avait fort bien apprise sous la conduite de son père. Mozart a donc peutêtre conçu ces oeuvres pour un usage personnel mais Antonio Brunetti, un autre musicien de la cour de Salzbourg, les a certainement aussi interprétées. Ce groupe de cinq concertos pour violon occupe une place à part dans l’oeuvre du compositeur salzbourgeois qui n’avait jusqu’alors abordé le genre que par le biais de petits «concertos intercalaires» intégrés à certaines de ses sérénades. Le Concerto Nº 3 en sol majeur est surprenant à plus d’un titre. Tout en restant fidèle au style «galant», il juxtapose une multitude d’idées thématiques, surtout dans le mouvement final, véritable mélange dans le style français alors au goût du jour. Mozart a conçu ici une oeuvre élaborée et d’expression très personnelle qui accorde une importance accrue à l’orchestre.
Othmar Schoeck compte parmi les compositeurs suisses les plus marquants de la première moitié du XXe siècle, même si son style encore fidèle au post-romantisme a été considéré comme «passéiste» par l’avant-garde musicale de son temps. Ce musicien schwyzois formé à Zurich et à Leipzig a donné le meilleur de son art dans le registre de la mélodie et de l’opéra (notamment avec Venus et Penthesilea), alors que sa production instrumentale se limite à quelques oeuvres orchestrales et concertantes, auxquelles s’ajoutent des pages de musique de chambre. Composé en 1945 pour répondre à une commande de la Société bernoise de musique, l’intermezzo pastoral Nuit d’été est un petit poème symphonique pour orchestre à cordes inspiré du poème éponyme (Sommernacht) de l’auteur zurichois Gottfried Keller (1819–1890). Le compositeur a lui-même décrit quelles images de ce texte, en quatre strophes et d’une grande richesse d’atmosphères, ont nourri son inspiration musicale: «Par une nuit étoilée, de jeunes campagnards animés de sentiments de reconnaissance vont moissonner le champ de blé mûr de quelque orpheline ou veuve n’ayant personne pour l’aider dans ces tâches. Le bruissement de la faucille, les cris d’allégresse des jeunes gens et le son de l’harmonica révèlent le joyeux exercice de cette vieille et belle coutume, jusqu’à ce que les cris matinaux des coqs, le gazouillis des oiseaux et les sonneries des cloches à l’aube ne rappellent des aides clandestins à leurs propres durs labeurs.»
«Assommante, interminable et décousue»: la critique viennoise a durement sanctionné la Troisième Symphonie de Beethoven après sa première audition publique, le 7 avril 1805. Le public ne s’est pas davantage laissé convaincre: «Un Kreisler pour que cela finisse!» aurait crié un auditeur dans la salle. Il est vrai qu’aucun compositeur n’avait songé jusqu’alors à écrire une symphonie approchant l’heure entière de musique. «On trouvera l’Eroica très courte une fois qu’on aura écrit une symphonie dépassant une heure» répondit le compositeur avec flegme à toutes ces attaques. Douze ans et cinq symphonies plus tard, n’ayant plus que sa «Neuvième» à ajouter à son cycle symphonique, c’est toujours à l’«Eroica» que Beethoven accordait sa préférence. L’idée de cette oeuvre lui aurait été soufflée par le général Bernadotte, futur roi de Suède qui engagea le compositeur à écrire une oeuvre musicale pour célébrer la gloire de Bonaparte. L’ouvrage commencé en 1802 à Heiligenstadt a occupé le musicien deux années durant. Mais à la fin de l’année 1804, Bonaparte fut couronné empereur, au grand désespoir de Beethoven qui a finalement dédié sa Troisième Symphonie au prince Lobkowitz. Il a alors remplacé le deuxième mouvement – initialement conçu sous forme de marche triomphale – par une marche funèbre. Ce n’est qu’en 1806, lors de la première édition de l’oeuvre, qu’a été ajouté le titre final: «Symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme».

Programme Zurich

Dans le cadre d’une nouvelle série de concerts, nous vous présentons les meilleurs lauréats des prix d’études et prix d’encouragement du Pour-cent culturel Migros. Découvrez nos Solistes de demain au gré d’un court récital de 30 minutes qui débutera une heure avant les concerts Migros-Pour-cent-culturel-Classics suivants : les 28.11.2018, 27.1.2019, 22.3.2019 et 13.5.2019 à Lucerne, ainsi que les 25.10.2018, 27.11.2018, 26.1.2019, 20.3.2019, 9.4.2019 et 26.5.2019 à Zurich. Votre abonnement ou votre billet de soirée vous accorde une entrée gratuite à chacun de ces concerts.

Nos solistes de demain
Au mois de décembre 1774, Mozart s’est rendu à Munich pour préparer les représentations de son nouvel opéra bouffe, La Finta Giardiniera. L’ouvrage y a recueilli un franc succès mais le compositeur n’a pas reçu de promesse d’engagement pour autant, ni de nouvelle commande. Il lui a donc fallu rentrer à Salzbourg pour retrouver son emploi chez le prince-archevêque Colloredo-Mannsfeld. C’est au retour de ce séjour bavarois que Mozart a écrit presque d’une traite, entre avril et décembre 1775, ses cinq concertos pour violon et orchestre. Entre autres fonctions officielles à la cour salzbourgeoise, le jeune musicien devait aussi jouer du violon, chose qu’il avait fort bien apprise sous la conduite de son père. Mozart a donc peutêtre conçu ces oeuvres pour un usage personnel mais Antonio Brunetti, un autre musicien de la cour de Salzbourg, les a certainement aussi interprétées. Ce groupe de cinq concertos pour violon occupe une place à part dans l’oeuvre du compositeur salzbourgeois qui n’avait jusqu’alors abordé le genre que par le biais de petits «concertos intercalaires» intégrés à certaines de ses sérénades. Le Concerto Nº 3 en sol majeur est surprenant à plus d’un titre. Tout en restant fidèle au style «galant», il juxtapose une multitude d’idées thématiques, surtout dans le mouvement final, véritable mélange dans le style français alors au goût du jour. Mozart a conçu ici une oeuvre élaborée et d’expression très personnelle qui accorde une importance accrue à l’orchestre.
Othmar Schoeck compte parmi les compositeurs suisses les plus marquants de la première moitié du XXe siècle, même si son style encore fidèle au post-romantisme a été considéré comme «passéiste» par l’avant-garde musicale de son temps. Ce musicien schwyzois formé à Zurich et à Leipzig a donné le meilleur de son art dans le registre de la mélodie et de l’opéra (notamment avec Venus et Penthesilea), alors que sa production instrumentale se limite à quelques oeuvres orchestrales et concertantes, auxquelles s’ajoutent des pages de musique de chambre. Composé en 1945 pour répondre à une commande de la Société bernoise de musique, l’intermezzo pastoral Nuit d’été est un petit poème symphonique pour orchestre à cordes inspiré du poème éponyme (Sommernacht) de l’auteur zurichois Gottfried Keller (1819–1890). Le compositeur a lui-même décrit quelles images de ce texte, en quatre strophes et d’une grande richesse d’atmosphères, ont nourri son inspiration musicale: «Par une nuit étoilée, de jeunes campagnards animés de sentiments de reconnaissance vont moissonner le champ de blé mûr de quelque orpheline ou veuve n’ayant personne pour l’aider dans ces tâches. Le bruissement de la faucille, les cris d’allégresse des jeunes gens et le son de l’harmonica révèlent le joyeux exercice de cette vieille et belle coutume, jusqu’à ce que les cris matinaux des coqs, le gazouillis des oiseaux et les sonneries des cloches à l’aube ne rappellent des aides clandestins à leurs propres durs labeurs.»
«Assommante, interminable et décousue»: la critique viennoise a durement sanctionné la Troisième Symphonie de Beethoven après sa première audition publique, le 7 avril 1805. Le public ne s’est pas davantage laissé convaincre: «Un Kreisler pour que cela finisse!» aurait crié un auditeur dans la salle. Il est vrai qu’aucun compositeur n’avait songé jusqu’alors à écrire une symphonie approchant l’heure entière de musique. «On trouvera l’Eroica très courte une fois qu’on aura écrit une symphonie dépassant une heure» répondit le compositeur avec flegme à toutes ces attaques. Douze ans et cinq symphonies plus tard, n’ayant plus que sa «Neuvième» à ajouter à son cycle symphonique, c’est toujours à l’«Eroica» que Beethoven accordait sa préférence. L’idée de cette oeuvre lui aurait été soufflée par le général Bernadotte, futur roi de Suède qui engagea le compositeur à écrire une oeuvre musicale pour célébrer la gloire de Bonaparte. L’ouvrage commencé en 1802 à Heiligenstadt a occupé le musicien deux années durant. Mais à la fin de l’année 1804, Bonaparte fut couronné empereur, au grand désespoir de Beethoven qui a finalement dédié sa Troisième Symphonie au prince Lobkowitz. Il a alors remplacé le deuxième mouvement – initialement conçu sous forme de marche triomphale – par une marche funèbre. Ce n’est qu’en 1806, lors de la première édition de l’oeuvre, qu’a été ajouté le titre final: «Symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme».

Recommander

Biographie

Formé par Stelios Kafantaris, Josef Gingold et Ferenc Rados, le violoniste athénien Leonidas Kavakos s’est imposé sur le devant de la scène internationale après avoir remporté le concours Jean Sibelius en 1985, puis les concours Naumburg et Paganini en 1988. Sollicité depuis lors par les orchestres européens et américains les plus réputés, le musicien grec a été accueilli au cours de la saison 2017/2018 comme «artiste en résidence» au Concertgebouw d’Amsterdam et au Musikverein de Vienne. Leonidas Kavakos accorde également une place de choix à la musique de chambre qu’il pratique avec des artistes tels que Yuja Wang, Yo-Yo Ma et Emanuel Ax. Son partenaire régulier est le pianiste italien Enrico Pace, avec lequel il a enregistré les Sonates pour violon et piano de Beethoven, intégrale qui lui a valu le prix ECHO Klassik «Instrumentiste de l’année» en 2013. Le violoniste anime à Athènes un cours annuel d’interprétation doublé d’un atelier de musique de chambre qui attire des jeunes talents du monde entier. Au cours des dernières années, Leonidas Kavakos a aussi développé une carrière de chef d’orchestre qui lui vaut de diriger des phalanges de premier ordre comme les orchestres symphoniques de Londres et Boston, l’Orchestre Philharmonique de New York ou l’Orchestre du Festival de Budapest. En 2017, le musicien grec a été lauréat du prix Léonie Sonning, distinction danoise remise chaque année à un musicien d’envergure exceptionnelle. Parmi les instruments joués par Leonidas Kavakos figure le Stradivarius «Willemotte» de 1734.

Recommander