Interprètes

Soliste

13 - 14 nov. '17

Tournée II
13 - 14 nov. '17

Javier Perianes

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 13 novembre 2017 | Victoria Hall Genève | 20:00
  • 14 novembre 2017 | Tonhalle Maag Zuerich | 19:30

Interprètes

Programme Genève et Zurich

Dès la fin du XIXe siècle, des liens plus étroits se sont établis entre des musiciens français et espagnols. La présence à Paris d’Isaac Albéniz et de Manuel de Falla a inspiré nombre de compositeurs français. Premier ébloui par la richesse de la musique espagnole, Debussy a composé entre 1905 et 1912 ses trois Images pour orchestre, dont la pièce centrale (en trois tableaux) est intitulée Iberia. Toute imaginaire qu’elle soit, cette image de la péninsule ibérique n’a pas maqué d’impressionner Manuel de Falla : « Debussy a prétendu non pas faire de la musique espagnole, mais bien traduire ses impressions d’une Espagne qu’il ne connaissait guère ou pas, et qu’il s’imagine avec une exactitude incroyable ». Debussy avait initialement pensé écrire pour deux pianos sa suite d’Images, mais s’est rapidement rendu compte qu’il devait traduire par l’orchestre cet « autre chose » qui le poussait à « créer – en quelque sorte des réalités – ce que les imbéciles appellent « impressionnisme », terme aussi mal employé que possible (…) ». Achevée avant les deux autres pièces de la dernière grande œuvre orchestrale de Debussy, Iberia est restée incomprise lors de sa création à Paris en 1910.
Encore adolescent, Manuel de Falla a découvert la musique nationaliste de Grieg, qui l’a convaincu de vouloir créer « quelque chose de similaire avec la musique espagnole ». Après la composition de quelques zarzuelas et de l’opéra La Vie brève, Falla est parti pour Paris, où il s’est lié d’amitié avec Debussy et Ravel. L’influence impressionniste est très perceptible dans les Nuits dans les jardins d’Espagne (1911-1915), œuvre initialement conçue pour piano seul. Le compositeur a lui-même réalisé l’orchestration de ces « impressions symphoniques pour piano et orchestre ». Bien que tripartite, l’ouvrage n’est en rien un concerto, mais bien plutôt une suite de tableaux évocateurs de paysages et de sensations. L’imagination du compositeur a été alimentée par plusieirs sources poétiques ou picturales, notamment les toiles du peintre catalan Santiago Rusiñol. Créée en 1916 à Madrid, l’œuvre a séduit l’imprésario Serge de Diaghilev qui a proposé d’en faire un ballet. Falla a décliné l’offre, mais a pu contenter le patron des Ballets russes en lui proposant le sujet du Tricorne.
D’ascendance espagnole du côté de sa mère, Ravel n’a pas échappé à la fascination que la musique ibérique a de tous temps exercée sur les compositeurs. Sa première œuvre d’envergure dans le registre orchestral réunit donc deux thèmes qui lui étaient chers : l’Espagne et la danse. La Rhapsodie espagnole (1907) a été composée en l’espace d’un mois, au cours d’un séjour à bord du yacht de la mécène Misia Edwards. Cette « étude d’orchestre », pour reprendre la description qu’en a faite le compositeur, comprend quatre volets. Au sensuel Prélude à la nuit initial succède la Malagueña, danse d’origine arabe qui dessine des sinuosités avec un riche accompagnement de percussions. Ravel a ensuite repris un morceau initialement conçu pour deux pianos pour la Habanera, morceau plein de mystère porté par un thème langoureux, alors que la Feria finale est une danse endiablée qui laisse libre cours à toute la virtuosité orchestrale de Ravel. La création de la Rhapsodie espagnole, le 5 mars 1908 à l’enseigne des Concerts Colonne, n’a pas manqué de susciter quelques sifflements dans une partie du public déroutée par la nouveauté de l’œuvre.
Enthousiasmé par la découverte de la musique d’Igor Stravinski, Serge de Diaghilev a fait appel au compositeur en 1909, alors qu’il était en train de programmer une saison russe à Paris. Après avoir confié à ce nouveau conseiller artistique quelques arrangements, l’imprésario lui a commandé son premier ballet d’envergure, basé sur une vieille légende russe. Guère effrayé par l’ampleur de la tâche, Stravinski a signé une partition de dix-neuf numéros qui a établi du jour au lendemain sa réputation. Créé par les Ballets Russes à l’Opéra de Paris le 25 juin 1910, L’Oiseau de feu a remporté un succès immédiat, tant auprès du public que dans les rangs de nombreux artistes. Alliant mystère, charme et rutilance, la partition n’a rien de vraiment révolutionnaire, même si elle laisse entrevoir des conceptions nouvelles sur un plan rythmique. L’orchestration chatoyante révèle quelques emprunts au folklore, tout en présentant des parentés harmoniques avec Debussy et Ravel. Stravinski a par la suite tiré trois suites d’orchestre de son ballet ; la deuxième, réalisée en 1919 à Morges, comprend cinq numéros destinés à un effectif orchestral plus restreint.

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Biographie

Formé au Conservatoire de Séville, le pianiste Javier Perianes s’est aussi perfectionné sous la conduite de Josep Colom et a bénéficié des précieux conseils de Richard Goode, Alicia de Larrocha et Daniel Barenboïm. Lauréat en 2012 du Prix national de la musique accordé par le Ministère espagnol de la culture, Javier Perianes mène une riche carrière sur les grandes scènes internationales, du Carnegie Hall de New York au Suntory Hall de Tokyo, en passant par les principales capitales musicales européennes. Hôte de nombreux festivals (Ravinia, Lucerne, La Roque d’Anhtéron), il a aussi effectué récemment une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande. Au cours de la saison écoulée, il a fait ses débuts avec nombre de phalanges réputées, comme le Philharmonia Orchestra, l’Orchestre Symphonique de Montréal ou les Orchestres Philharmoniques de Munich et de Los Angeles. Son abondante discographie comprend tant des compositions ibériques (Turina, Granados, Falla) que des grandes œuvres des XIXe et XXe siècles.

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