Interprètes

Soliste

6 - 8 avr. '20

Tournée VI
6 - 8 avr. '20

Denis Matsuev

Tournée

Dates et lieux des concerts

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Programme

Le prix du billet sera remboursé. Migros-Pour-cent-Culturel-Classics a décidé de ne pas accepter de dons dans la situation actuel.

En prélude à chaque concert, de talentueux chanteuses et chanteurs, ainsi que des instrumentalistes suisses auront l’occasion de se présenter aux mélomanes. C’est là une «ouverture» à double titre, qui sert non seulement d’introduction aux soirées musicales, mais aussi de porte d’entrée à la carrière de «nos étoiles de demain».


Ouverture

Au cours de l’été 1910, Stravinski s’est installé avec sa famille à Clarens, sur les bords du lac Léman. L’envie lui est alors venue de composer une œuvre orchestrale où le piano jouerait un rôle prépondérant. «En composant cette musique, j’avais nettement la vision d’un pantin subitement déchaîné qui exaspère la patience de l’orchestre, lequel lui réplique par des fanfares menaçantes. Il s’ensuit une terrible bagarre qui se termine par l’affaissement douloureux et plaintif du pauvre pantin» a expliqué le compositeur. Enthousiasmé par ce projet, l’imprésario Diaghilev a aussitôt enjoint à Stravinski de développer le thème de Petrouchka, «l’éternel et malheureux héros de toutes les foires, de tous les pays», et d’en faire un spectacle chorégraphique pour ses Ballets russes. La création a eu lieu le 13 juin 1911 à Paris, sous la direction musicale de Pierre Monteux. Le rôle-titre de la chorégraphie réglée par Michel Fokine a été incarné par Vaslav Nijinski, auquel Stravinski vouait une grande admiration. Si la presse s’est montrée divisée lors de la répétition générale, le public a réservé un franc succès à l’ouvrage au soir de la première. Un an après L’Oiseau de feu, Stravinski a démontré avec Petrouchka qu’il abordait un langage musical résolument tourné vers l’avenir, tant au niveau de l’harmonie que de l’instrumentation et du rythme. «Petrouchka est la première œuvre importante où Stravinski a été complètement lui-même» a affirmé le chef d’orchestre Ernest Ansermet. En 1947, Stravinski a réalisé une nouvelle orchestration de l’ouvrage, avec un effectif orchestral légèrement restreint se prêtant davantage aux exécutions de concert.
Le catalogue de Stravinski comprend trois œuvres concertantes pour piano, mais chacune d’entre elles s’écarte du schéma classique du concerto. En 1924 le compositeur a créé à Paris son premier Concerto pour piano, dont l’effectif orchestral ne comprend que des vents (avec percussions et contrebasse). Les Mouvements pour piano et orchestre (composés en 1959) relèvent d’une écriture sérielle, où la partie de piano est étroitement imbriquée dans celles des autres instruments. Le Capriccio composé entre-deux (1928/1929) s’apparente certes au concerto en trois mouvements, mais l’œuvre renvoie au concerto grosso baroque avec la séparation de l’orchestre en «concertino» (instruments à cordes) et «ripieno» (passages joués par l'ensemble des musiciens). Stravinski a lui-même déclaré que le titre (dérivé du troisième mouvement Allegro capriccioso) doit être pris dans le sens «de la définition d’un capriccio donné par Prætorius, le célèbre musicologue du XVIIe siècle, qui y voyait le synonyme d’une Fantasia, c’est-à-dire une forme libre de pièces instrumen-tales fuguées». Le compositeur a aussi reconnu s’être inspiré de la musique de Carl Maria von Weber pour cette œuvre d’une grande élégance mélodique et vitalité rythmique. Stravinski a lui-même pris place au clavier pour la création parisienne dirigée par son ami Ernest Ansermet, le 6 décembre 1929 à la Salle Pleyel.
La découverte de la musique d’Igor Stravinski fut une révélation pour Serge de Diaghilev, qui programmait en 1909 la première saison parisienne des Ballets russes. Ayant invité le jeune compositeur à venir rejoindre son groupe de conseillers artistiques, Diaghilev lui a d’abord confié quelques arrangements (des pages de Grieg et Chopin) avant de lui commander son premier ballet d’envergure, basé sur une légende russe. Créé à l’Opéra de Paris le 25 juin 1910, L’Oiseau de feu a remporté un succès immédiat auprès du public et de nombreux artistes. Debussy fut le premier à venir chaleureusement féliciter le compositeur sur scène au terme de la création qui a non seulement établi la réputation de Stravinski du jour au lendemain, mais a suscité une revitalisation de la musique par le biais des possibilités offertes par la danse. A la fois mystérieuse et rutilante, cette partition de ballet en deux tableaux (précédés d’une introduction) n’a pourtant rien de vraiment «révolutionnaire». Stravinski a emprunté à son maître Rimski-Korsakov le procédé d’opposition entre le diatonisme et le chromatisme, respectivement rattachés au monde réel humain et à l’illustration des entités surnaturelles. Si L’Oiseau de feu est une œuvre «d’aboutissement» du point de vue mélodique et thématique, elle inaugure des conceptions nouvelles, déjà annonciatrices du Sacre du printemps, sur un plan rythmique. L’orchestration chatoyante du ballet fait quelques emprunts au folklore russe tout en présentant des parentés harmoniques avec Debussy et Ravel. Stravinski a tiré trois suites d’orchestre de son ballet. La première d’entre elles, réalisée en 1911 pour grand orchestre, comporte cinq numéros et culmine avec la célèbre Danse infernale.

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Biographie

Lauréat du 11e Concours Tchaïkovski de Moscou en 1998, le pianiste russe Denis Matsuev est depuis lors un grand favori de la scène internationale. Invité par les meilleurs orchestres européens et américains, il est aussi l’hôte de festivals prestigieux dont ceux de Verbier, Lucerne, Gstaad et Montreux en Suisse. Il entretient également une relation privilégiée avec les principaux orchestres russes avec lesquels il se produit régulièrement. Grand interprète de la musique de Rachmaninov, Denis Matsuev est étroitement associé à la Fondation Serge Rachmaninov et a enregistré des œuvres méconnues de ce compositeur dans la Villa Senar que le musicien avait fait construire près de Lucerne. A l’occasion du 145e anniversaire de la mort de Rachmaninov, Denis Matsuev a interprété l’ensemble de ses concertos pour piano à travers le monde. Il a aussi enregistré le Concerto No 2 avec l’Orchestre du Théâtre Mariinsky sous la direction de Valery Gergiev. Le pianiste russe anime par ailleurs plusieurs festivals à travers le monde.

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