Interprètes

Soliste

19 - 21 oct. '20

Tournée I
19 - 21 oct. '20

Alexandre Kantorow

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 19 octobre 2020 | Tonhalle Maag Zurich | 19:30
  • 20 octobre 2020 | Victoria Hall Genève | 20:00
  • 21 octobre 2020 | Casino Berne | 19:30

Interprètes

Programme

Au cours de la saison 2020/2021, une sélection de talents helvétiques aura à nouveau l’occasion de se présenter devant le public local en prélude à la plupart des concerts. Les prestations de ces jeunes artistes seront mesurées à l’applaudimètre. La chanteuse, le chanteur ou l’instrumentiste ayant recueilli la plus forte ovation se verra proposer un engagement comme soliste au cours de la saison suivante. C’est là une «ouverture» à double titre, qui sert non seulement d’introduction aux concerts, mais aussi de porte d’entrée à la carrière des étoiles de demain.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Benjamin Britten est parti s’exiler aux Etats-Unis en tant que pacifiste convaincu et objecteur de conscience. C’est au cours de ce séjour outre-Atlantique que le chef d’orchestre Serge Koussevitzky a convaincu le musicien anglais de se lancer dans la composition de son premier opéra. En pleine guerre, Britten a choisi de revenir dans son Angleterre natale pour se consacrer à «Peter Grimes». Cet opéra, basé sur un long poème narratif de George Crabbe, a été créé avec succès au Sadler’s Wells Theatre de Londres en 1945, établissant la réputation de Britten comme meilleur compositeur anglais dans le registre lyrique depuis Purcell.
La mer est omniprésente tout au long de «Peter Grimes» qui a pour cadre une bourgade de pêcheurs de la côte anglaise où le personnage principal est confronté à l’hostilité des villageois. Six pièces orchestrales jalonnent l’opéra. Avant même la création de l’ouvrage, Britten a décidé de réunir quatre d’entre elles pour en faire une suite orchestrale indépendante qui a vite trouvé sa place dans le répertoire symphonique. Ces «Quatre Interludes marins» sont des pièces de nature descriptive qui évoquent tour à tour le caractère rude de la mer du Nord (Aube), l’atmosphère du bourg côtier où se déroule l’histoire (Dimanche matin) ou encore la tempête marine (Tempête). Le troisième et plus important de ces interludes (Clair de lune) est une page plus statique, qui s’accorde à la dimension psychologique de l’opéra de Britten.
Les deux concertos pour piano et orchestre de Liszt sont le fruit d’une très longue gestation. Les deux œuvres ont été commencées simultanément en 1839, à une époque où le musicien se produisait comme pianiste virtuose dans les salles de concert et les salons musicaux de toute l’Europe. Cette vie trépidante était peut-être une entrave à ses activités de composition, mais n’explique pas tout. Autant Liszt produisait sans effort des pièces de bravoure destinées à mettre en valeur son exceptionnelle virtuosité pianistique, autant il peinait à trouver sa voie dans les «grandes» formes de la symphonie et du concerto.
Franz Liszt voulait que son Concerto pour piano en la majeur soit perçu comme un «concerto symphonique», titre qu’il avait d’ailleurs inscrit sur le manuscrit avant la publication de l’ouvrage en 1863. Cette désignation traduisait non seulement sa volonté d’intégrer l’instrument soliste dans la masse orchestrale, mais aussi de poursuivre l’exploration des procédés déjà employés dans le cadre du poème symphonique sur le genre concertant. Au lieu de concevoir un concerto en trois mouvements selon le schéma habituel, Liszt a opté pour une composition continue. Celle-ci comprend néanmoins six sections distinctes qui assurent des changements de caractère au cours de transformations thématiques. Pour développer ce procédé de composition, Liszt s’est appuyé sur des exemples fournis par Beethoven ou le Schubert de la Wanderer-Fantasie.
L’année 1806 a été l’une des plus créatives et des plus riches en événements pour Beethoven. C’est l’année de composition d’œuvres majeures comme le Quatrième Concerto pour piano, le Concerto pour violon, les trois Quatuors «Razumovsky» et l’Ouverture Léonore III. C’est aussi l’année où le musicien a enfin reconnu sa surdité et s’est décidé de ne plus en faire un secret. En 1806, Beethoven a également été accueilli pour un séjour estival chez le Comte Franz von Oppersdorff. Il a pu constater combien sa Deuxième Symphonie, encore fidèle au style «haydnien», était appréciée par son hôte. C’est à la demande de ce grand mélomane que Beethoven s’est lancé dans la composition de sa Symphonie en si bémol majeur, dont la création a eu lieu en mars 1807 chez le prince Lobkowitz. Certains ont reproché à cette œuvre son allure rétrograde et son caractère divertissant. Le compositeur lui-même a d’ailleurs mis en valeur l’allure «déboutonnée» de l’ouvrage. Grand admirateur de Beethoven, Hector Berlioz vouait pour sa part une admiration sans borne à cette Quatrième Symphonie. Selon le musicien français, l’Adagio de la Symphonie op. 60 «surpasse tout ce que l’imaginaire pourra jamais rêver de tendresse et de pure volupté». Le bref finale est empreint d’une légèreté insouciante et tournoyante mais gare aux excès de vitesse: par les accentuations qu’il a pris soin de marquer, Beethoven a clairement indiqué qu’il voulait donner à ce mouvement le poids nécessaire pour équilibrer l’ensemble de la symphonie.

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Biographie

En juin 2019, Alexandre Kantorow a créé l’événement en devenant le premier Français à remporter la médaille d’or et le Grand Prix du Concours Tchaïkovski de Moscou. Ce pianiste né en 1997 a été formé à la Schola Cantorum et au Conservatoire national supérieur de Paris, avant de se perfectionner auprès de la pédagogue russe Rena Shereshevskaya à l’Ecole Normale de Musique de Paris. Remarqué à l’âge de seize ans lors de La Folle journée de Nantes, il est depuis lors salué par la presse comme le «jeune tsar» du piano français et multiplie les concerts sur des scènes prestigieuses comme le Concertgebouw d’Amsterdam, la Philharmonie de Paris, le Bozar de Bruxelles ainsi que dans les grands festivals (La Roque d’Anthéron, Montreux, Piano aux Jacobins). Il entretient également une relation privilégiée avec l’Orchestre du Théâtre Mariinsky et Valery Gergiev. Début 2020, il a été doublement sacré aux Victoires de la musique classique, où il a remporté le prix du meilleur soliste et celui du meilleur enregistrement (pour son CD réunissant trois concertos de Saint-Saëns).

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