Interprètes

Orchestre

15 mars '20

Concert
15 mars '20

hr-Sinfonieorchester Frankfurt
CONCERTS ANNULÉS

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 15 mars 2020 | Tonhalle Maag Zurich | 18:30

Interprètes

Programme

Le prix du billet sera remboursé. Migros-Pour-cent-Culturel-Classics a décidé de ne pas accepter de dons dans la situation actuel.

En prélude à chaque concert, de talentueux chanteuses et chanteurs, ainsi que des instrumentalistes suisses auront l’occasion de se présenter aux mélomanes. C’est là une «ouverture» à double titre, qui sert non seulement d’introduction aux soirées musicales, mais aussi de porte d’entrée à la carrière de «nos étoiles de demain».


Ouverture

L’unique concerto pour violon de Brahms est indissociable de l’amitié qui liait le compositeur au violoniste Joseph Joachim, un virtuose déjà largement reconnu au moment de sa rencontre avec le musicien hambourgeois en 1853. Brahms a fait des débuts tardifs dans le registre orchestral: ce n’est qu’en 1878 qu’il s’est attelé à son Concerto pour violon, un instrument dont il connaissait mal toutes les possibilités techniques. Le compositeur s’est donc tourné vers Joachim comme conseiller technique et lui a laissé le soin d’écrire la cadence du premier mouvement, même si les deux musiciens ont âprement défendu leurs opinions respectives sur d’autres points. Les interprètes actuels optent le plus souvent pour la cadence de Joachim, même s’il existe une bonne vingtaine d’autres versions, conçues notamment par Leopold Auer, Fritz Kreisler ou Eugène Ysaÿe. Le Concerto en ré majeur avait initialement été pensée en quatre mouvements, mais Brahms s’est finalement contenté d’un seul Adagio central basé sur une humble mélodie d’allure populaire, qui précède un fiévreux finale d’allure tzigane. Après une création en demi-teinte au Gewandhaus de Leipzig, le 1er janvier 1879, le chef d’orchestre Hans von Bülow a décrété que Brahms avait écrit ce concerto «contre» le violon. A quoi le violoniste polonais Bronislaw Huberman a rétorqué qu’il s’agissait bien d’un concerto «pour» le violon, mais «contre» l’orchestre et de conclure que «le vainqueur est le violon». Brahms a par la suite largement révisé l’ouvrage, s’appuyant une nouvelle fois sur les conseils éclairés de son ami Joachim.
Don Juan est non seulement l'un des premiers poèmes symphoniques de Richard Strauss, c’est aussi l'un des plus intéressants. Contrairement à d'autres œuvres composées ultérieurement – comme Till Eulenspiegel (Till l’espiègle) ou Eine Alpensinfonie (Symphonie alpestre) – Strauss ne s’est pas exprimé au sujet du programme, soit le contenu de l'ouvrage. Les fragments du texte dramatique de Lenau cités en exergue sur la partition ne proposent qu'un profil psychologique du héros, mais ne soufflent pas mot de l’intrigue. Et pourtant, l’ouvrage peut facilement être perçu comme une ronde d'aventures amoureuses, de mises en valeur, de conquêtes et d'adieux. Ceci est principalement dû à la concision des thèmes, fort bien conçus et habilement orchestrés comme seul Richard Strauss savait le faire. La verve exubérante des premières mesures ne peut échapper à l’auditeur: avec ce trait ascendant, Don Juan prend d'assaut la scène. La musique se calme par la suite, créant un climat d’intimité et des chuchotements d'amour soufflés par les instruments solistes (violon, flûte, hautbois). Un Don Juan ne se laisse pas retenir pour autant, il semble au contraire devenir de plus en plus sûr de lui au gré de ses apparences avant de se laisser aller, à l'apogée du triomphe, à la mélancolie et la lassitude. Cette opposition entre une fanfaronnade mondaine et machiste et un chant du cygne blême et mourant dans une tonalité mineure se fond harmonieusement dans l'époque (1888) où le poème symphonique a été composé: une époque marquée par une foi dans le progrès et l'optimisme, qui a laborieusement dissimulé le pessimisme ambiant. Don Juan s’est imposé comme le premier grand succès de Strauss.
Un opéra rococo en 1911? Né de la plume de deux artistes que l’on associait plutôt à l'avant-garde? Il y avait de quoi accueillir avec scepticisme le nouveau projet de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal! Après l’ambition démesurée affichée par les deux œuvres précédentes, Salomé et Elektra (cette dernière sur un texte de Hofmannsthal), le Chevalier à la rose paraissait comme une évasion dans le monde parfait de 1740. Le poète a toutefois contredit cette impression en affirmant qu’« il y a plus de passé dans le présent qu’on ne le croit».
Une certaine actualité, ou plutôt une intemporalité, est propre au concept du Chevalier à la rose. Raison pour laquelle Strauss a consciemment eu recours ici à la danse par excellence du XIXe siècle (et non du XVIIIe), la valse viennoise. Il a associé cette dernière à un style personnel qui évite les modernismes d’Elektra, mais reste très fidèle à une expression contemporaine. Au niveau du contenu, cette attitude se reflète dans le monologue de la Maréchale au sujet de l'éphémère: «Le temps est une chose étrange».
A première vue, le Chevalier à la rose fait usage de la panoplie habituelle d’éléments propres à une comédie musicale, avec ses intrigues, ses déguisements et ses coups de foudre. Les personnages sont tout aussi familiers: le baron lascif, la dame vieillissante, les jeunes amants. Derrière cette normalisation, les figures sont toujours reconnaissables, avec leurs doutes et leurs contradictions intérieures. La suite orchestrale, composée bien plus tardivement à partir de la musique de l'opéra (probablement en 1944 par Arthur Rodzinski), ne suit pas l'intrigue mais culmine avec un épisode de valse rapide.

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Biographie

Les débuts du hr-Sinfonieorchester Frankfurt, remontent à 1924, lorsque Radio Francfort a surpris ses auditeurs avec de la musique diffusée en direct des studios. Sous son ancienne appellation Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort, l’ensemble a mis un point d’honneur à cultiver le répertoire contemporain, notamment les œuvres d'Arnold Schönberg, Paul Hindemith et Kurt Weill. L’orchestre est resté fidèle à cette ligne après la Deuxième Guerre mondiale, tout en jouant un rôle de pionnier dans la société en engageant un chef d'orchestre Noir américain (Dean Dixon) et en se produisant dans les pays de l’Europe de l’est. Le hr-Sinfonieorchester Frankfurt – qui porte son nom actuel depuis 2005 – a profité de nouvelles impulsions artistiques sous la direction d'Eliahu Inbal, Hugh Wolff et Paavo Järvi. Des projets tels que Barock+, la Biennale de la musique contemporaine et le Music Discovery Project, qui s'adresse à un jeune public, témoignent du large spectre artistique de la phalange. Le hr-Sinfonieorchester Frankfurt a reçu d’innombrables récompenses – dont deux nominations aux Grammy, plusieurs prix Echo-Klassik, le Cannes Classical Award et le Grand Prix du Disque – pour ses enregistrements discographiques.

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