Interprètes

Chef d'orchestre

9 - 10 juin '18

Tournée VII
9 - 10 juin '18

Philippe Jordan

Tournée

Dates et lieux des concerts

  • 09 juin 2018 | Tonhalle Maag Zuerich | 19:30
  • 10 juin 2018 | Victoria Hall Genève | 18:00

Interprètes

Programme Zurich

Dans le cadre d’une nouvelle série de concerts, nous vous présentons les meilleurs lauréats des prix d’études et prix d’encouragement du Pour-cent culturel Migros. Découvrez nos Solistes de demain au gré d’un court récital de 30 minutes qui débutera une heure avant les concerts Migros-Pour-cent-culturel-Classics suivants : les 22.10.2017, 30.11.2017, 23.1.2018 und 31.5.2018 à Lucerne, ainsi que les 24.10.2017, 24.3.2018 et 9.6.2018 à Zurich. Votre abonnement ou votre billet de soirée vous accorde une entrée gratuite à chacun de ces concerts.

Nos solistes de demain
Dans la carrière de Richard Strauss, il y a eu l’avant- et l’après-Salomé : toute la première période créatrice du compositeur munichois a été dominée par une éblouissante série de poèmes symphoniques, alors que la seconde phase, inaugurée en 1905 avec la création triomphale de cet opéra en un acte, a été rythmée par une impressionnante production de chefs-d’œuvre lyriques. Exception faite de deux symphonies de jeunesse, Strauss a véritablement inauguré son catalogue symphonique en 1886 avec la fantaisie Aus Italien. Avant le tournant du XXe siècle, le compositeur a encore conçu sept autres poèmes symphoniques qui reposent pour la plupart sur des concepts littéraires ou philosophiques et témoignent de son extraordinaire maîtrise orchestrale. Don Quichotte est bien sûr inspiré de la célèbre œuvre de Miguel de Cervantès datant du début du XVIIe siècle. Le compositeur a commencé en 1896 à traduire en musique les aventures cet « hidalgo qui s’acharna tellement à sa lecture (…) qu’à force de dormir peu et de lire beaucoup, il se dessécha le cerveau, de manière qu’il vint à perdre l’esprit », pour citer le romancier. Dans ce poème symphonique achevé fin 1897 et créé l’année suivante à Cologne, Strauss a privilégié le ton de la plaisanterie et du burlesque pour exprimer toute l’étendue de l’imagination de Don Quichotte au gré d’une suite de variations où le violoncelle tient le rôle du noble héros. Plus prolétaire, son fidèle écuyer Sancho Pança lui offre la réplique par le truchement d’un alto solo. Le compositeur a indiqué dans la partition les chapitres du roman de Cervantès auxquels chacune des variations fait écho. Il a aussi exprimé le souhait que ce Don Quichotte soit couplé avec Une Vie de héros dans un même programme, afin de réunir deux facettes de l’héroïsme, l’une vaillante, l’autre semi-comique. Son désir est donc exaucé dans cet ultime concert de la saison !
Strauss a beau avoir affirmé – sans non ironie – qu’il se trouvait « tout aussi intéressant que Napoléon ou Alexandre », il ne se voyait pas dans la peau du « héros » qui titre son dernier poème symphonique. Tout au plus a-t-il admis avoir brossé le portrait d’un compositeur en lutte avec lui-même et contre ses adversaires – comprenez les critiques musicaux – et qui se retire finalement du combat, réconforté par sa compagne. Pour concevoir une telle œuvre, le musicien s’est forcément fondé sur ses propres expériences vécues, ce qui explique les nombreuses citations d’œuvres antérieures qui ponctuent le poème symphonique. Les premières esquisses de cette Vie de Héros remontent à l’été 1897 : tout en travaillant à Don Quichotte, Strauss avait fait allusion à une œuvre complémentaire intitulée Héros et Monde, traitant elle aussi du thème de l’héroïsme. Ce n’est toutefois qu’à la fin de l’année suivante qu’il a mis un point final à son dernier poème symphonique, désormais intitulé Une Vie de Héros. Si Strauss aimait à vivre en demi-teintes, cette œuvre est pour le moins haut en couleurs : le très grand effectif orchestral comprend des bois par quatre, huit cors, cinq trompettes, deux harpes et un vaste effectif de percussions. L’œuvre comprend six volets et se joue en continu, exception faite d’une interruption inattendue à la fin du premier épisode, qui brosse un portrait protéiforme du héros à travers une pléthore de motifs. Strauss a lui-même fourni des commentaires sur la portée de chacun des mouvements, mais s’est refusé à titrer ceux-ci de façon explicite lors de la publication. Cet imposant ouvrage a été dédié à Willem Mengelberg et l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, mais c’est à Francfort qu’a eu lieu la création, le 3 mars 1899, sous la baguette de l’auteur. Par la suite, Richard Strauss a lui-même réalisé plusieurs enregistrements discographiques de son ultime poème symphonique.

Programme Genève

Dans la carrière de Richard Strauss, il y a eu l’avant- et l’après-Salomé : toute la première période créatrice du compositeur munichois a été dominée par une éblouissante série de poèmes symphoniques, alors que la seconde phase, inaugurée en 1905 avec la création triomphale de cet opéra en un acte, a été rythmée par une impressionnante production de chefs-d’œuvre lyriques. Exception faite de deux symphonies de jeunesse, Strauss a véritablement inauguré son catalogue symphonique en 1886 avec la fantaisie Aus Italien. Avant le tournant du XXe siècle, le compositeur a encore conçu sept autres poèmes symphoniques qui reposent pour la plupart sur des concepts littéraires ou philosophiques et témoignent de son extraordinaire maîtrise orchestrale. Don Quichotte est bien sûr inspiré de la célèbre œuvre de Miguel de Cervantès datant du début du XVIIe siècle. Le compositeur a commencé en 1896 à traduire en musique les aventures cet « hidalgo qui s’acharna tellement à sa lecture (…) qu’à force de dormir peu et de lire beaucoup, il se dessécha le cerveau, de manière qu’il vint à perdre l’esprit », pour citer le romancier. Dans ce poème symphonique achevé fin 1897 et créé l’année suivante à Cologne, Strauss a privilégié le ton de la plaisanterie et du burlesque pour exprimer toute l’étendue de l’imagination de Don Quichotte au gré d’une suite de variations où le violoncelle tient le rôle du noble héros. Plus prolétaire, son fidèle écuyer Sancho Pança lui offre la réplique par le truchement d’un alto solo. Le compositeur a indiqué dans la partition les chapitres du roman de Cervantès auxquels chacune des variations fait écho. Il a aussi exprimé le souhait que ce Don Quichotte soit couplé avec Une Vie de héros dans un même programme, afin de réunir deux facettes de l’héroïsme, l’une vaillante, l’autre semi-comique. Son désir est donc exaucé dans cet ultime concert de la saison !
Strauss a beau avoir affirmé – sans non ironie – qu’il se trouvait « tout aussi intéressant que Napoléon ou Alexandre », il ne se voyait pas dans la peau du « héros » qui titre son dernier poème symphonique. Tout au plus a-t-il admis avoir brossé le portrait d’un compositeur en lutte avec lui-même et contre ses adversaires – comprenez les critiques musicaux – et qui se retire finalement du combat, réconforté par sa compagne. Pour concevoir une telle œuvre, le musicien s’est forcément fondé sur ses propres expériences vécues, ce qui explique les nombreuses citations d’œuvres antérieures qui ponctuent le poème symphonique. Les premières esquisses de cette Vie de Héros remontent à l’été 1897 : tout en travaillant à Don Quichotte, Strauss avait fait allusion à une œuvre complémentaire intitulée Héros et Monde, traitant elle aussi du thème de l’héroïsme. Ce n’est toutefois qu’à la fin de l’année suivante qu’il a mis un point final à son dernier poème symphonique, désormais intitulé Une Vie de Héros. Si Strauss aimait à vivre en demi-teintes, cette œuvre est pour le moins haut en couleurs : le très grand effectif orchestral comprend des bois par quatre, huit cors, cinq trompettes, deux harpes et un vaste effectif de percussions. L’œuvre comprend six volets et se joue en continu, exception faite d’une interruption inattendue à la fin du premier épisode, qui brosse un portrait protéiforme du héros à travers une pléthore de motifs. Strauss a lui-même fourni des commentaires sur la portée de chacun des mouvements, mais s’est refusé à titrer ceux-ci de façon explicite lors de la publication. Cet imposant ouvrage a été dédié à Willem Mengelberg et l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, mais c’est à Francfort qu’a eu lieu la création, le 3 mars 1899, sous la baguette de l’auteur. Par la suite, Richard Strauss a lui-même réalisé plusieurs enregistrements discographiques de son ultime poème symphonique.

Recommander

à la page

Biographie

A la fois directeur musical de l’Opéra National de Paris et chef attitré de l’Orchestre Symphonique de Vienne depuis la saison 2014-2015, Philippe Jordan s’impose comme l’un des chefs les plus talentueux et passionnants de sa génération. Le fils du regretté chef Armin Jordan a commencé sa formation musicale au piano et comme membre des Sängerknaben de Zurich, avant de poursuivre des études au Conservatoire de Zurich, où il obtenu son diplôme de pianiste tout en étudiant la théorie et la composition auprès de Hans Ulrich Lehmann. Maître de chapelle au Théâtre d’Ulm, puis chef attitré de l’Opéra et de la Philharmonie de Graz, Philippe Jordan a aussi été l’assistant de Daniel Barenboïm à l’Opéra Unter den Linden à Berlin. Dès le début des années 2000, il a fait ses débuts dans les maisons d’opéra et les festivals les plus réputés (Glyndebourne, Aix-en-Provence, Covent Garden, Met, La Scala, Salzbourg) ; en 2012, il a fait ses débuts au Festival de Bayreuth alors qu’il n’avait que 37 ans. Dans le registre symphonique, Philippe Jordan a été accueilli comme chef invité par les phalanges les plus célèbres, comme les Orchestres Philharmoniques de Berlin et de Vienne, le Philharmonia de Londres, l’Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les grands orchestres américains. Il se produit encore occasionnellement comme pianiste et accompagnateur dans le registre de la musique de chambre. Sa discographie comprend tant des ouvrages lyriques (Carmen, Werther, Tannhaüser, Les Noces de Figaro) que des pages symphoniques, dont la Symphonie Alpestre de Richard Strauss.

Recommander

à la page